Fr-fr adulte carte 8 agriculture

De Le wiki du climat
Aller à la navigation Aller à la recherche

Carte adulte #8 : Agriculture

Causes Conséquences
Recto de la carte "Agriculture"


L'agriculture est responsable de l'émission d'un peu de CO2 et de beaucoup de méthane (bovins, rizières), et de protoxyde d'azote (engrais).
En tout, c’est 25% des GES si on y inclut la déforestation induite.

Explications

L'agriculture utilise très peu d'énergie fossile, au regard des émissions d'autres GES dont elle est responsable. Elle est responsable de 80% de la déforestation. En effet, il faut des grandes surfaces pour cultiver, surtout pour nourrir les animaux d'élevage. L'agriculture est une activité humaine qui a commencé dès que le climat s'est stabilisé, au début du Néolithique il y a 10.000 ans, après la dernière déglaciation qui a elle-même duré 10.000 ans. Dès lors, l’impact de l’activité humaine sur son environnement n’a cessé de croître: il a domestiqué des espèces végétales (aujourd'hui, le riz domestiqué n’est plus capable de se reproduire sans l’intervention de l’homme), il a déforesté pour étendre les surfaces cultivées, privant les espèces animales de leur habitat naturel, et depuis la révolution verte (verte pour agricole, pas pour écologique !), il a commencé à utiliser des pesticides et des intrants nocifs pour l’environnement et pour lui-même.

Correction

Causes

Conséquences

Autres lien possibles

Autres conséquences

  • Énergies Fossiles L'agriculture n'utilise pas beaucoup d'énergies fossiles. Tout juste un peu d'essence pour mettre dans les tracteurs. Attention, ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas une empreinte carbone importante, mais c'est surtout du méthane et du protoxyde d'azote (lire les cartes 8 et 9).
  • Émissions de CO2 L'agriculture émet peu de CO2 à part à travers la déforestation. Son empreinte carbone est surtout dûe aux autres GES.
  • Aérosols Dans l'absolu, c'est vrai : les épandages font des aérosols qui entrent en ligne de compte dans les pollutions locales aux alentours, mais c'est beaucoup moins important que la combustion incomplète des centrales thermiques.
  • Puits de carbone Ce n'est pas grave si ce lien n'est pas fait, mais il est vrai que l'agriculture peut améliorer la capacité de stockage via la photosynthèse. C'est le principe des 4 pour 1000 (si on augmentait ne serait-ce que de 4/1000 la capacité du sol à séquestrer du carbone, on aurait un impact important sur le CO2).
  • Biodiversité terrestre On pense ici surtout aux pesticides (notamment au round-up ou aux néonicotinoïdes). Pas de lien avec le climat, mais relation intéressante à faire.

Pour aller plus loin

Empreinte de l'élevage

Une grande partie de l'impact de l'agriculture est due à l'élevage. Cependant, il est très difficile d'avoir un pourcentage de gaz à effet de serre qui fasse consensus pour beaucoup de facteurs :

  • Quel pouvoir réchauffant choisir (PRG): le méthane est le principal gaz réchauffant du à l'élevage. Si on regarde sur un horizon 20 an, il a un PRG de 84, mais de 28 sur un horizon 100 ans, on a donc un facteur trois de différence.[1]
  • Des partenariats avec différentes institutions privées[2] qui ont des intérêt à ce que ce nombre soit plus ou moins élevé comme :
    • The European Feed Manufacturers' Federation (FEFAC)
    • the European Vegetable Oil and Proteinmeal Industry (FEDIOL)
    • the International Dairy Federation, (IDF)
    • the International Meat Secretariat (IMS)
    • the International Egg Commission (IEC)
    • the International Poultry Council (IPC)
    • the International Federation for Animal Health (IFAH)
    • the World Wildlife Fund (WWF).

Au final, les deux nombres que l'on retrouve le plus souvent sont :

  • 18% des émissions total d'après le rapport de 2007[3]
  • 14.5% des émissions total d'après le rapport de 2012 [4]

Notions clefs

  • La clef de répartition du GIEC affecte logiquement à l’industrie l’agro-industrie (engrais, produit de traitement des cultures, herbicides, machines agricoles) et agroalimentaire. Mais cela n’aide pas à estimer les effets positifs que pourrait avoir un système basé sur l’agroforesterie , un raccourcissement des circuits de distribution et une forte baisse de la consommation de produit alimentaires transformés industriellement.
  • L’utilisation massive d’engrais chimiques et de pesticides détruisent progressivement, mais certainement, microflore et microfaune des sols.
  • Les vers de terre disparaissent alors que se sont de véritables petits laboureurs favorisant la pénétration des racines et améliorant la perméabilité des sols et le renouvellement des nappes phréatiques. D’autre part, ils se nourrissent des résidus des cultures précédentes et les transforment en humus, forme stable de la matière organique et véritable éponge capable de stocker une grande quantité d’eau et de la restituer en période de sécheresse. De plus l’humus stocke les éléments minéraux pouvant être utilisés par la plante.
  • Les champignons disparaissent aussi sous l’effet des engrais et des produits de traitement chimiques, alors qu’ils sont des intermédiaires vivant en symbiose avec les plantes. Ils servent de prolongement aux racines, allant chercher eau et sels minéraux et les échangeant contre des molécules organiques produites par la plante.

Stocker du carbone grâce à l'agroforesterie

La disparition des vers de terre et des champignons ainsi que des labours profonds et fréquents, la mise à nue des terres entre deux cultures pendant une longue période, accélèrent la décomposition de la matière organique. Les sols agricoles dans une agriculture à base d’intrant chimiques sont producteurs net de carbone et s’appauvrissent régulièrement en matière organique. Alors que l’agroforesterie permet une augmentation annuelle de 4‰ (4 pour 1000)[5] du taux de matière organique contenue dans le sol. Celui-ci devient alors un puits de carbone.

Une généralisation de ces techniques ferait de l’agriculture, pour un coût très faible voire nul, le puits à carbone le plus sûr et le moins cher. Il procurerait une alimentation beaucoup plus saine et maintiendrait, voir développerait une paysannerie, base de l’autonomie alimentaire dans de nombreux pays. La biodiversité s’en trouverait très largement favorisée. Le raccourcissement des circuits diminuerait la consommation d’énergie. Il en est de même d’une régression de l’agroalimentaire qui en outre améliorerait la santé de nos concitoyens [6] . Une source importante de pollution disparaîtrait.

Les emplois perdus dans l’agro-industrie et l’agroalimentaire seraient largement compensés par ceux générés par l’agroforesterie beaucoup plus gourmande en main d’œuvre qu’une agriculture à base d’intrants chimiques.

Parallèlement une réduction sensible de la consommation de viande diminuerait fortement les surfaces consacrées à la production de céréales destinées à l’alimentation animale (bovine, porcine et volaille principalement). Cela compenserait le plus faible rendement des cultures en l’absence d’intrants chimiques.

Au total, nous aurions :

  • une alimentation beaucoup plus saine produite par des agriculteurs fiers de leur métier,
  • une population en meilleurs santé (diminution en particulier des maladies cardiovasculaires et des cancers) car consommant moins de viande et des aliments ne contenant pas de résidus chimiques,
  • des sols devenant un important puit de carbone par remontés du taux de matière organique dans les sols (4‰/an),
  • un basculement d’emplois industriels (agrochimie, machinisme agricole, agroalimentaire) vers des emplois agricoles,
  • une diminution des emballages alimentaires,
  • une forte diminution de la consommation d’énergie par l’ensemble du secteur,
  • une baisse de la production de méthane par diminution du nombre de ruminants,
  • la disparition de la production du protoxyde d’azote liée aux engrais azotés,
  • une dynamisation de la biodiversité terrestre et marine (disparition des algues vertes et du déséquilibre écologique dont elles sont le symptôme) .

Références